Bonjour, je peux vous aider ?
Discutons !

Posez une question

May 27, 2019

Ressources humaines, recrutement, formation

- Modifié le May 27, 2019

Ce jour de juin 2006 où tout a basculé par Jean-Philippe Murat

Ce jour de juin 2006 où tout a basculé

Je regarde la dernière montre que je viens de m’acheter, une superbe Armani, rectangulaire, avec le cadran noir mat, les bords et les chiffres romains chromés, y ont pris place de façon dissymétrique.

Le bracelet en croco noir brillant, de la largeur du cadran amène la touche finale, conférant à cet objet censé mesurer le temps, le design parfait de la touche Armani, une finesse massive, caractéristique des accessoires - homme - de la marque.

Cette montre, je l’ai achetée il y a un mois, en même temps que ma nouvelle entreprise, Drimmer, N°1 européen des fabricants de lampes à poser en céramique, que la troisième génération a conduit à la faillite pour la deuxième fois en quatre ans. Oui, à chaque tournant professionnel, j’ai la manie, superstition bête et incohérente, de changer de montre comme pour marquer un nouveau rapport à l’espace-temps que je pense pouvoir maitriser, une façon de se doter d’un pouvoir supplémentaire qui m’aidera à coût sûr à réussir mon nouveau challenge professionnel ! 

O temps, suspends ton vol

Ma montre m’indique minuit trois.

J’ai chaud, trop chaud dans ce jacuzzi extérieur, encastré dans un bel assemblage de pierres en Lauzes aux reflets rosés, surplombant d’un côté la terrasse sur laquelle nous venons de dîner entre amis et de l’autre côté la piscine d’un bleu ciel blanchâtre.

C’est trop, je m’élance en courant sur une dizaine de mètres vers la piscine. Je réalise le plongeon parfait, pénètre dans l’eau en conservant toute mon énergie cinétique. Je fuse dans l’eau pendant deux secondes quand tout à coup je suis stoppé net.

Je ressens tout le poids de mon corps remonter avec force des pieds vers la tête, un peu comme dans ces bons vieux dessins animés de Tom and Jerry quand Tom course Jerry et se prend un obstacle et que tout son corps se plisse vers l’avant.

Le choc est violent. J’entends un énorme craquement, un bruit sourd de broyage envahit mon cerveau et se répand dans tout mon corps comme une onde de choc, suivi de plusieurs répliques comme dans un tremblement de terre. Puis, le phénomène s’estompe peu à peu pour laisser place à un silence profond, sourd, saisissant. Malgré la violence accidentelle, frontale, puissante du choc, je ne ressens aucune douleur ! 

Le premier jour du reste de ma vie

Je touche mon visage, mon front, mon nez, tout est normal, rien de cassé. Je fais bouger l’eau avec mes mains autour de ma tête, pas de sang, rien n’est ouvert. Tout cela me parait anormal, inquiétant, compte tenu du cyclone que vient de traverser mon corps. Saisi par l’incompréhension, je décide de remonter illico presto à la surface. Je pousse d’un grand coup de brasse, suivi d’un deuxième. Je n’ai toujours pas retrouvé l’air libre alors je repousse de toutes mes forces une troisième fois : rien, je n’atteins toujours pas la ligne de flottaison. Je ne comprends pas, mon cerveau est totalement perturbé, tous mes repères sont contradictoires.

Le diagnostic médical révélera que je viens de me fracturer les cervicales C3 et C4 dont les éclats d’os ont sectionné ma moelle épinière à plusieurs endroits. Je ne sais pas encore tout cela mais je prends rapidement conscience de ma paralysie et qu’il va être impossible de bouger du fond de l’eau. Je réalise. Je prends conscience.

L’idée de ma mort imminente m’envahit. Je panique de nouveau. J’hurle des «au secours », des «aidez-moi» désespérés. Personne ne m’entend ! Je m’essouffle définitivement. Petit à petit, l’oxygène se raréfie. Mes poumons se bloquent. Ma bouche et mon nez se serrent, se crispent, forcent pour ne pas laisser l’eau entrer. Je sais qu’il faut économiser mes mouvements pour ne pas gaspiller le peu d’oxygène qu’il me reste. J’essaie de me calmer. Je jette un coup d’œil à ma montre pour détourner mon esprit. Il est minuit et six minutes. 

J’hurle intérieurement toute la douleur de la suffocation. Voilà ! Fin de l’histoire ! Fin de cette vie-là !

 

Jean-philippe Murat

Les Handipreneurs

Réagissez à cet article

Commentaires (0)

À lire également

January 30, 2020

Ressources humaines, recrutement, formation

0

Nous croyons dans la force du lien inné entre la nature & le...

L’effervescence de la vie urbaine a peu à peu fragilisé le lien originel qui nousreliait à la nature. Chez aKagreen nous sommes convaincus que révéler la beauté et les vertus du végétal r&eac...

November 7, 2019

Ressources humaines, recrutement, formation

0

RGPD : 5 bonnes pratiques quand on recrute

Droit à l’oubli, à la rectification, portabilité…Depuis l’entrée en vigueur du règlement européen, les candidats reprennent la main sur leurs données. Désormais, les recruteurs ont...

May 29, 2019

Ressources humaines, recrutement, formation

0

Le plus grand handicap c’est d’affronter le regard des autre...

Le plus grand handicap c’est d’affronter le regard des autres Estime de soi, confiance en soi, croyance en soi sont bien souvent des défaillances naturelles liées au handicap. D’autant plus s’il survient...

Dernières questions

September 26, 2021

Gestion de la trésorerie

0

Charge

Bonjour, je crée mon entreprise en février 2021, et j ai effectué 1000 EUR de CA en 2021, ma question est la suivante : suis je toujours sujette à l exonération des charges en 2022 ? Est ce que cela dépend du montant du CA ou de la durée ? Puis encore i...

November 13, 2020

Conseils juridique et social

0

First conciergerie avis

Bonjour à tous, J'ai une question à propos des services qui accompagnent les personnes dans la gestion des paperasses: finances, juridiques, factures etc. J'ai fait appel à un service de conciergerie, j'ai eu du mal à en trouver un mais j'ai farfouillé ...

Vous avez un nouveau message